Avoda Zara 4

Chapitre 4

א רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר, שָׁלשׁ אֲבָנִים זוֹ בְצַד זוֹ בְּצַד מַרְקוּלִיס, אֲסוּרוֹת. וּשְׁתַּיִם, מֻתָּרוֹת. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים, שֶׁנִּרְאוֹת עִמּוֹ, אֲסוּרוֹת. וְשֶׁאֵין נִרְאוֹת עִמּוֹ, מֻתָּרוֹת:
1 R. Ismaël dit: s’il y a trois pierres l’une à côté de l’autre auprès d’un Mercure, elles sont interdites; s’il n’y en a que deux, elles sont d’un usage permis. Les autres docteurs disent: celles qui visiblement font partie de cette idole sont interdites; celles qui n’apparaissent pas comme telles, restent permises.
ב מָצָא בְרֹאשׁוֹ מָעוֹת, כְּסוּת אוֹ כֵלִים, הֲרֵי אֵלּוּ מֻתָּרִין. פַּרְכִּילֵי עֲנָבִים וַעֲטָרוֹת שֶׁל שִׁבֳּלִים וְיֵינוֹת וּשְׁמָנִים וּסְלָתוֹת וְכָל דָּבָר שֶׁכַּיּוֹצֵא בוֹ קָרֵב עַל גַּבֵּי הַמִּזְבֵּחַ, אָסוּר:
2 Si dans la tête du Mercure on trouve de l’argent, ou un vêtement, ou des vases, ils restent d’un usage permis. Si l’on y trouve des ceps chargés de raisins, ou des couronnes d’épis, ou du vin, ou de l’huile, ou de la fleur de farine, ou tout objet dont le semblable est offert en sacrifice sur l’autel, c’est interdit.
ג עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁהָיָה לָהּ גִנָּה אוֹ מֶרְחָץ, נֶהֱנִין מֵהֶן שֶׁלֹּא בְטוֹבָה וְאֵין נֶהֱנִין מֵהֶן בְּטוֹבָה. הָיָה שֶׁלָּהּ וְשֶׁל אֲחֵרִים, נֶהֱנִין מֵהֶן בֵּין בְּטוֹבָה וּבֵין שֶׁלֹּא בְטוֹבָה:
3 Si un jardin ou un établissement de bains appartient à une idole (à ses prêtres qui l’exploitent), on peut en faire usage si l’on ne paie pas pour l’utiliser; mais l’on ne doit pas en faire usage en payant. Si le jardin ou le bain appartient à l’idole et à un particulier, on peut en tous cas l’utiliser.
ד עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁל נָכְרִי, אֲסוּרָה מִיָּד. וְשֶׁל יִשְׂרָאֵל, אֵין אֲסוּרָה עַד שֶׁתֵּעָבֵד. נָכְרִי מְבַטֵּל עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁלּוֹ וְשֶׁל חֲבֵרוֹ, וְיִשְׂרָאֵל אֵינוֹ מְבַטֵּל עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁל נָכְרִי. הַמְבַטֵּל עֲבוֹדָה זָרָה, בִּטֵּל מְשַׁמְּשֶׁיהָ. בִּטֵּל מְשַׁמְּשֶׁיהָ, מְשַׁמְּשֶׁיהָ מֻתָּרִין וְהִיא אֲסוּרָה:
4 L’idole faite par un païen devient de suite d’un usage interdit, et celle qu’a faite un israélite n’est interdite qu’après l’adoration, un païen peut annuler son idole et celle fabriquée par un israélite (de façon à rendre son usage permis); mais un israélite ne peut pas effectuer l’annulation d’une idole érigée par un païen. En annulant l’effet d’une idole, le même résultat est acquis pour les accessoires de l’idole; mais l’annulation de ces derniers n’entraîne pas le résultat pour l’idole elle-même, qui est interdite.
ה כֵּיצַד מְבַטְּלָהּ, קָטַע רֹאשׁ אָזְנָהּ, רֹאשׁ חָטְמָהּ, רֹאשׁ אֶצְבָּעָהּ, פְּחָסָהּ אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא חִסְּרָהּ, בִּטְּלָהּ. רָקַק בְּפָנֶיהָ, הִשְׁתִּין בְּפָנֶיהָ, גְּרָרָהּ, וְזָרַק בָּהּ אֶת הַצּוֹאָה, הֲרֵי זוֹ אֵינָהּ בְּטֵלָה. מְכָרָהּ אוֹ מִשְׁכְּנָהּ, רַבִּי אוֹמֵר, בִּטֵּל. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים, לֹא בִטֵּל:
5 Comment annule-t-on l’idole? En lui coupant p. ex. le bout de l’oreille, ou le bout du nez, ou l’extrémité du doigt. Comprimer l’idole, sans rien lui enlever, suffit à l’annuler. Cracher sur elle, ou uriner devant elle, ou la traîner dans la boue, ou jeter une ordure sur elle, ce n’est pas l’annuler. La vendre ou la mettre en gage, c’est l’annuler, selon Rabbi; les autres docteurs ne sont pas de cet avis.
ו עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁהִנִּיחוּהָ עוֹבְדֶיהָ בִּשְׁעַת שָׁלוֹם, מֻתֶּרֶת. בִּשְׁעַת מִלְחָמָה, אֲסוּרָה. בִּימוֹסְיָאוֹת שֶׁל מְלָכִים, הֲרֵי אֵלּוּ מֻתָּרוֹת, מִפְּנֵי שֶׁמַּעֲמִידִין אוֹתָם בְּשָׁעָה שֶׁהַמְּלָכִים עוֹבְרִים:
6 L’idole que ses adorateurs ont délaissée pendant une période de paix, est permise; mais celle qui a été abandonnée pendant la guerre reste interdite. Les piédestaux (grec: bomoï) d’idoles pour les rois restent permis, car l’idole est érigée seulement pour le passage des rois.
ז שָׁאֲלוּ אֶת הַזְּקֵנִים בְּרוֹמִי, אִם אֵין רְצוֹנוֹ בַּעֲבוֹדָה זָרָה, לָמָה אֵינוֹ מְבַטְּלָהּ. אָמְרוּ לָהֶן, אִלּוּ לְדָבָר שֶׁאֵין צֹרֶךְ לָעוֹלָם בּוֹ הָיוּ עוֹבְדִין, הָיָה מְבַטְּלוֹ. הֲרֵי הֵן עוֹבְדִין לַחַמָּה וְלַלְּבָנָה וְלַכּוֹכָבִים וְלַמַּזָּלוֹת. יְאַבֵּד עוֹלָמוֹ מִפְּנֵי הַשּׁוֹטִים. אָמְרוּ לָהֶן, אִם כֵּן, יְאַבֵּד דָּבָר שֶׁאֵין צֹרֶךְ לָעוֹלָם בּוֹ וְיַנִּיחַ דָּבָר שֶׁצֹּרֶךְ הָעוֹלָם בּוֹ. אָמְרוּ לָהֶן, אַף אָנוּ מַחֲזִיקִין יְדֵי עוֹבְדֵיהֶם שֶׁל אֵלּוּ, שֶׁאוֹמְרִים, תֵּדְעוּ שֶׁהֵן אֱלוֹהוֹת, שֶׁהֲרֵי הֵן לֹא בָטָלוּ:
7 On demanda à des anciens dans Rome: puisque Dieu ne se plaît pas aux idoles, pourquoi ne les détruit-il pas? -C’est que, répondirent-ils, si l’on adorait des objets inutiles au monde, Dieu les détruirait; mais comme ils adorent le soleil, la lune, les étoiles, les planètes, les montagnes, les collines, Dieu ne perd pas le monde à cause des insensés. -S’il en est ainsi, répliquèrent les adversaires des Juifs, que Dieu laisse perdre ce qui est inutile au monde et maintienne ce qui lui est nécessaire? -Nous aussi, répondirent les anciens, nous soutiendrions alors ceux qui adorent ces idoles et qui diraient: Vous voyez bien que ces objets du moins sont des idoles, puisqu’ils ne sont pas détruits!
ח לוֹקְחִין גַּת בְּעוּטָה מִן הַגּוֹי אַף עַל פִּי שֶׁהוּא נוֹטֵל בְּיָדוֹ וְנוֹתֵן לַתַּפּוּחַ. וְאֵינוֹ נַעֲשֶׂה יֵין נֶסֶךְ, עַד שֶׁיֵּרֵד לַבּוֹר. יָרַד לַבּוֹר, מַה שֶּׁבַּבּוֹר אָסוּר, וְהַשְּׁאָר מֻתָּר:
8 On peut acheter d’un païen un pressoir de vin, bien que celui-ci prenne à la main des grappes à remettre sur le tas de raisins. Le vin n’est considéré comme interdit à titre de libation qu’après la descente dans la cuve; après cette descente, ce qui est dans la cuve est interdit, et le reste est permis.
ט דּוֹרְכִין עִם הַגּוֹי בַּגַּת, אֲבָל לֹא בוֹצְרִין עִמּוֹ. יִשְׂרָאֵל שֶׁהוּא עוֹשֶׂה בְטֻמְאָה, לֹא דוֹרְכִין וְלֹא בוֹצְרִין עִמּוֹ, אֲבָל מוֹלִיכִין עִמּוֹ חָבִיּוֹת לַגַּת, וּמְבִיאִין עִמּוֹ מִן הַגָּת. נַחְתּוֹם שֶׁהוּא עוֹשֶׂה בְטֻמְאָה, לֹא לָשִׁין וְלֹא עוֹרְכִין עִמּוֹ, אֲבָל מוֹלִיכִין עִמּוֹ פַת לַפַּלְטֵר:
9 Au boulanger qui travaille à l’état impur on ne devra aider ni à pétrir la pâte, ni à préparer le pain; mais on pourra l’aider à transporter les pains chez le marchand, prathr.- Si un païen se trouve placé à côté d’une cuve de vin, au cas où il a une créance sur ce vin, celui-ci devient interdit (par crainte d’un contact défendu); si non, le vin reste permis.
י גּוֹי שֶׁנִּמְצָא עוֹמֵד בְּצַד הַבּוֹר שֶׁל יַיִן, אִם יֶשׁ לוֹ עָלָיו מִלְוָה, אָסוּר. אֵין לוֹ עָלָיו מִלְוָה, מֻתָּר. נָפַל לַבּוֹר וְעָלָה, וּמְדָדוֹ בַקָּנֶה, הִתִּיז אֶת הַצִּרְעָה בַקָּנֶה אוֹ שֶׁהָיָה מְטַפֵּחַ עַל פִּי חָבִית מְרֻתַּחַת, בְּכָל אֵלּוּ הָיָה מַעֲשֶׂה, וְאָמְרוּ יִמָּכֵר. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר. נָטַל אֶת הֶחָבִית וּזְרָקָהּ בַּחֲמָתוֹ לַבּוֹר, זֶה הָיָה מַעֲשֶׂה וְהִכְשִׁירוּ:
10 Si le païen est tombé dans cette cuve et en a été remonté mort, ou si le païen a mesuré ce vin à l’aide d’un tube, ou si à l’aide d’un tuyau il a rejeté une guêpe de vin, ou si avec la paume de la main, il a frappé sur les vagues du vin en fermentation, tous cas qui sont survenus, il faut vendre le vin, selon l’avis des docteurs. R. Simon en permet l’usage. Si le païen a pris le tonneau et dans un mouvement de colère l’a jeté dans la cuve, fait qui est arrivé, les docteurs ont permis de le boire. On peut aider le païen à comprimer le vin au pressoir, mais non à le vendanger. A l’Israélite qui se livre à ce travail dans un état d’impureté, on ne prêtera pas d’aide ni pour comprimer, ni pour vendanger; mais on peut amener avec lui des tonneaux (vides) à son pressoir, ou les retirer de là (remplis).
יא הַמְטַהֵר יֵינוֹ שֶׁל נָכְרִי וְנוֹתְנוֹ בִרְשׁוּתוֹ בְּבַיִת הַפָּתוּחַ לִרְשׁוּת הָרַבִּים, בְּעִיר שֶׁיֶּשׁ בָּהּ גּוֹיִם וְיִשְׂרְאֵלִים, מֻתָּר. בְּעִיר שֶׁכֻּלָּהּ גּוֹיִם, אָסוּר, עַד שֶׁיּוֹשִׁיב שׁוֹמֵר. וְאֵין הַשּׁוֹמֵר צָרִיךְ לִהְיוֹת יוֹשֵׁב וּמְשַׁמֵּר. אַף עַל פִּי שֶׁהוּא יוֹצֵא וְנִכְנָס, מֻתָּר. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר, כָּל רְשׁוּת גּוֹיִם אַחַת הִיא:
11 Si un israélite a traité avec pureté le vin d’un païen, qu’il laisse dans le domaine de ce dernier, dans une maison ouverte sur la voie publique, dans une ville où il y a également des païens et des israélites, ce vin reste d’un usage permis. S’il ne demeure là que des païens, ce vin sera défendu, à moins que l’israélite n’ait installé un gardien auprès du vin; celui-ci n’a pas besoin de rester assis pour le surveiller, il pourra même aller et venir, et le vin restera permis. Selon R. Simon b. Eléazar, tous les domaines des païens sont considérés de même (et lorsque l’israélite seul dispose de la clôture, tous sont d’avis de permettre l’usage du vin qu’elle contient).
יב הַמְּטַהֵר יֵינוֹ שֶׁל נָכְרִי וְנוֹתְנוֹ בִרְשׁוּתוֹ, וְהַלָּה כוֹתֵב לוֹ, הִתְקַבַּלְתִּי מִמְּךָ מָעוֹת, מֻתָּר. אֲבָל אִם יִרְצֶה יִשְׂרָאֵל לְהוֹצִיאוֹ וְאֵינוֹ מַנִּיחוֹ עַד שֶׁיִּתֵּן לוֹ אֶת מְעוֹתָיו, זֶה הָיָה מַעֲשֶׂה בְבֵית שְׁאָן, וְאָסְרוּ חֲכָמִים:
12 Si un israélite a traité avec pureté le vin d’un païen, qu’il laisse dans le domaine de ce dernier, et celui-ci écrit un acte disant: “j’ai reçu de l’argent de toi”, le vin reste permis. Mais si l’israélite veut emporter ce vin, et le païen s’y oppose jusqu’à réception de la somme stipulée, fait qui est survenu à Bet-Shean, les docteurs interdisent l’usage de ce vin.